Créer mon blog M'identifier

Tante Aline

Le 29 octobre 2017, 14:48 dans Humeurs 0

Je n’avais pas perdue ma plume, je l’avais juste rangée de côté un temps.

Je n’avais pas perdue ma verve, j’avais mis mes mots en parenthèse, un temps.

Je n’avais pas perdue mon envie de commenter, de titiller, de m’étonner, ce n’était pas le temps.

En effet, mes amies, depuis ma dernière contribution sur ce blog, j’ai voulu prendre le temps.

Tante Aline nous a quittée. Elle est partie dans son sommeil, sur son visage ce beau sourire qui la caractérisait tant.

Cousin Paul et moi nous nous sommes occupé de tout ce qui va avec un décès. Contacter la famille et les amis, les pompes funèbres, l’enterrement.

Les cousins plus jeunes qui n’avaient pas comme nous la chance de côtoyer tante Aline régulièrement furent aux petits soins. Ça nous a fait bizarre de nous retrouver cousin Paul et moi, dans cette situation. Et oui, avant c’était nous qui nous occupions des anciens. C’est un peu comme si, sur la liste de la grande faucheuse, nous étions remontés un peu plus haut.

Tout le monde est reparti après. Nous avons pris le temps de ranger quelques bricoles dans la maison de tante Aline, remettre les choses comme elles étaient.

Cet été nous y avons même passé quinze jours, pris entre le sentiment agréable d’être là et celui, plus cruel, de son absence.

Tante Aline nous a aimés, nous l’avons aimé. Elle nous a chouchoutés, nous l’avons chouchoutée. Nous l’avons soutenue dans son combat quotidien face à la maladie de parkinson, comme elle l’aurait fait aussi.

Il me reste aujourd’hui des souvenirs indélébiles gravés au plus profond de mon cœur, une partie d’elle qui sera toujours présente et qui a, quelque part, fait ce que je suis maintenant.

Pour terminer cet hommage à ma tante je me permets d’emprunter les mots d’un père qui, ayant perdu sa fille a dit : 

"Ne pleure pas de l'avoir perdue, mais réjouis-toi de l'avoir connue."

 

Candidats ... je présume?

Le 6 février 2017, 11:29 dans Humeurs 0

Je voulais écrire un billet sur les journalistes, particulièrement les télévisés, qui utilisent à tour de bras le mot présumé.

Ce mot me semble galvaudé.

On nous raconte des faits divers du style : "le cambrioleur s'est fait pincer par les forces de l'ordre, l'arme à la main encore fumante après avoir tué l'honnête citoyen qu'il était en train de voler et qu'il venait de tuer, ainsi que tenant un sac contenant les cartes bleues et les objets de valeurs de la victime. Le présumé coupable sera incarcéré ..."

Moi, ça m'énerve. Ce type il a tué et cambriolé oui ou non ?

C'est en effectuant quelques recherches que j'ai compris. Tout d'abord, il y a l'article 9 de la déclaration des droits de l'homme : " Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi."

Donc, dans mon exemple cité plus haut, le gars est présumé coupable tant qu'il n'a pas été jugé et condamné, cela vaut jusqu'à la cour de cassation, c'est-à-dire que tant qu'il ne sera pas passé devant celle-ci, il sera "présumé". Logique.

Après tout, il se peut que ce soit un gars,  le coeur sur la main, qui voulait aider le pauvre petit monsieur à ranger ses effets de valeurs et ses cartes bleues dans un sac de sport (c'est plus facile à transporter). Quant à l'arme à feu, elle ne lui a servi simplement qu'à dézinguer un frelon asiatique qui allait attaquer la victime, allergique aux piqûres d'insectes. Le malheureux, ému par tant de sollicitudes, c'est précipité dans les bras du présumé pour le remercier et un deuxième coup est parti tout seul. Concours de circonstances donc.

Enfin bref ! Je veux bien admettre qu'il faille passer par de telles considérations pour préserver chacun et chacune des erreurs judiciaires toujours possible. 

Tiens, en parlant de présumé, j'entends beaucoup ce terme concernant les politiques qui veulent nous gouverner pour les cinq ans à venir. 

Il y en a un qui aurait détourné 500 000€ pour un emploi présumé fictif de son épouse, plus 85 000€ pour ses enfants présumé stagiaires, un autre qui aurait détourné de l'argent de Bercy alors qu'il était ministre des finances pour financer une partie de sa campagne, une autre qui aurait utilisé l'argent de Bruxelle afin de payer son chauffeur et son garde du corps (300 000€ seulement)...

Tous ces braves gens, ne nous demandent-ils pas, dans leurs programmes de campagne, de faire un effort en ajoutant un trou à nos ceintures pour la serrer encore un peu plus (perso en entendant ça j'en porte plus,  j'ai opté pour des bretelles) ?

Comme je relisais la déclaration des droits de l'homme, je me suis aussi arrêtée sur l'article 15 : " La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration."

Il faudrait certainement rappeler à ces Macron, Fillon, Mélenchon et Marion (c'est pour la rime parce que sa tante finie en "ine") pourquoi ils sont à cette place, quel est le but de la "fonction suprême".

J'en discutais avec tante Aline l'autre jour. Elle me fit remarquer que pratiquement tous les candidats finissent par "ON".

"- et tu sais ce qu'on dit : on est un con." conclue-t-elle.

- c'est vrai tati, mais ils vont quand même s'occuper de nous... enfin, je présume !"

Agathe

 

 

 

 

 

4 mariages et 1 enterrement.

Le 4 janvier 2016, 20:03 dans Humeurs 0

En prenant ce titre pour mon billet de ce jour, je me suis faite la réflexion : "Tu as l'âme bien cinéphile ces derniers temps ma fille."

Comme je ne sais pas si vous vous souvenez du synopsis de ce film, je me permets de vous faire un bref résumé : il s'agit de la vie d'un groupe d'amis vu au travers des yeux de l'acteur principal, vie ponctuée par quatre mariages et un enterrement. À la fin, les deux acteurs principaux ce promettent de ne pas se marier mais de vivre tout de même heureux ensemble. 

En lisant quelques articles de la presse locale, il est aisé de faire l'analogie avec ce film. Je m'explique. 

Face à la coupe budgétaire des DGF (dotation globale de financement) qui est de -16% pour les grandes communes jusqu'à -45% pour les petits villages, il parait judicieux pour certains élus de fusionner leur commune afin de :

1- maintenir un bon niveau de service public à la population.

2- avoir un aménagement plus cohérent et plus équilibré du territoire.

3- permettre une plus grande solidarité financière à l'intérieur des nouvelles communes.

Comme vous n'êtes pas sans le savoir, il y a une grande différence entre les mots sur le papier, les intentions et les actes qui vont avec. En effet, la tentation est grande de passer plus que rapidement sur les volets 1 et 2 de la fusion et de ne se concentrer que sur le volet n°3 ou, pour faire plus court, de ne regarder que son portefeuille. Car en fusionnant, les DGF sont maintenus...

Une commune voisine, Quillan, s'est rapprochée de Saint-Ferriol et de Brenac (2 petits villages) pour tenter une fusion...un mariage quoi.

Sauf que le maire de Saint-Ferriol c'est opposé d'emblée à ce projet. D'abord à cause de la rapidité de décision demandée (avant janvier 2016) ensuite parce qu'il estime qu'une fusion devrait être le fruit d'un projet commun  et enfin,  c'est là le plus important, ce maire ne veut pas que cette décision soit prise par le conseil municipal seul. Il souhaite à juste raison que la population soit consultée. Respect monsieur le maire.

Pour Quillan et Brenac, la réflexion fût différente. Décidé à la hâte, ce "mariage" a bien eu lieu. Sauf que... à la question : "si quelqu'un s'oppose à cette union, qu'il parle maintenant ou se taise à jamais", des voix se sont élevées disant : "nous ne sommes pas d'accord!". Ces voix, que nos chers élus ont tendance à oublier, ce sont celles qui sont censées remplir les urnes pour les élections. Car je vous rappelle que nous sommes toujours en démocratie...d'après notre constitution. Finalement, après quelques rebondissements, l'union a été validée.

La petite histoire nous raconte que les maires respectifs de Quillan et Brenac sont mari et femme à la ville !

Dans un autre registre mais qui sommes toutes est du même acabit, le maire de Couiza a publié les bans du mariage entre sa communauté de commune et celle de Limoux afin, je cite : "que notre ruralité vivante avec ses spécificités soit entendue".

Vaste programme aurait dit le Général de Gaulle lorsqu'on sait tout l'inintérêt que porte Limoux à la Haute Vallée... De plus là aussi des dents grincent, celles des maires des petites communes qui vont certainement y laisser quelques plumes.

Donc je résume : 4 mariages :

1- Quillan / Saint Ferriol annulé car la mariée qui semblait pourtant si belle c'est rebellée démocratiquement.

2- Quillan / Brenac un mariage forcé.

3- Les maires de Quillan et Brenac qui sont unis à la ville déjà...

4- L'intercommunalité de Couiza /Limoux pour que vive la ruralité.

Je vous entends déjà me dire  : "Hé ! ma petite dame, dans le titre il est question d'un enterrement !".

L'enterrement ce n'est pas si compliqué que ça mes bon(ne)s ami(e)s . Il s'agit de celui de la démocratie. Le peuple vote, il s'exprime mais on refuse de lui laisser le choix ou la parole et on ne tient aucun compte de ce qu'il pense. Car en menaçant les élus locaux de tous bords de coupes budgétaires et d'économies à réaliser, nous sommes en train de perdre ce qui nous fait : notre identité. Dans un petit village de 30 personnes, si 4 d'entre elles ont des besoins réels on les écoute. Qu'en sera-t-il dans une commune de plus de 4000 hahibants? Idem pour une intercommunalité élargie à 30000 habitants. Pensez vous sérieusement que les aides et les subventions auront le temps d'arriver dans les coins les plus reculés de notre belle Haute Vallée de l'Aude?

Les bureaucrates parisiens ou bruxellois qui prennent, sans avis du peuple, de telles dispositions manquent de terrain. Ils ne savent pas que nous ne sommes pas dans la même configuration que dans leur capitale ou dans une grande ville. Ils ont oublié ce qu'est un village, une identité, des racines. Espérons toutefois que nous serons assez intelligent pour ne pas tout gober en bloc et faire face à une égalisation insipide.

Et si malheureusement nous ne faisons rien et que cela reste en l'état, il nous restera, pour nous rappeller de nos racines, notre bel accent si bien décrit par Miguel Zamacoïs.

L'accent ? Mais c'est un peu le pays qui vous suit !

C'est un peu, cet accent, invisible bagage,

Le parler de chez soi qu'on emporte en voyage !

C'est pour les malheureux à l'exil obligés,

Le patois qui déteint sur les mots étrangers !

Avoir l'accent enfin, c'est, chaque fois qu'on cause,

Parler de son pays en parlant d'autre chose !...

Non, je ne rougis pas de mon fidèle accent !

Je veux qu'il soit sonore et clair, retentissant ! 

 

Agathe.

Voir la suite ≫