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4 mariages et 1 enterrement.

Le 4 janvier 2016, 20:03 dans Humeurs 0

En prenant ce titre pour mon billet de ce jour, je me suis faite la réflexion : "Tu as l'âme bien cinéphile ces derniers temps ma fille."

Comme je ne sais pas si vous vous souvenez du synopsis de ce film, je me permets de vous faire un bref résumé : il s'agit de la vie d'un groupe d'amis vu au travers des yeux de l'acteur principal, vie ponctuée par quatre mariages et un enterrement. À la fin, les deux acteurs principaux ce promettent de ne pas se marier mais de vivre tout de même heureux ensemble. 

En lisant quelques articles de la presse locale, il est aisé de faire l'analogie avec ce film. Je m'explique. 

Face à la coupe budgétaire des DGF (dotation globale de financement) qui est de -16% pour les grandes communes jusqu'à -45% pour les petits villages, il parait judicieux pour certains élus de fusionner leur commune afin de :

1- maintenir un bon niveau de service public à la population.

2- avoir un aménagement plus cohérent et plus équilibré du territoire.

3- permettre une plus grande solidarité financière à l'intérieur des nouvelles communes.

Comme vous n'êtes pas sans le savoir, il y a une grande différence entre les mots sur le papier, les intentions et les actes qui vont avec. En effet, la tentation est grande de passer plus que rapidement sur les volets 1 et 2 de la fusion et de ne se concentrer que sur le volet n°3 ou, pour faire plus court, de ne regarder que son portefeuille. Car en fusionnant, les DGF sont maintenus...

Une commune voisine, Quillan, s'est rapprochée de Saint-Ferriol et de Brenac (2 petits villages) pour tenter une fusion...un mariage quoi.

Sauf que le maire de Saint-Ferriol c'est opposé d'emblée à ce projet. D'abord à cause de la rapidité de décision demandée (avant janvier 2016) ensuite parce qu'il estime qu'une fusion devrait être le fruit d'un projet commun  et enfin,  c'est là le plus important, ce maire ne veut pas que cette décision soit prise par le conseil municipal seul. Il souhaite à juste raison que la population soit consultée. Respect monsieur le maire.

Pour Quillan et Brenac, la réflexion fût différente. Décidé à la hâte, ce "mariage" a bien eu lieu. Sauf que... à la question : "si quelqu'un s'oppose à cette union, qu'il parle maintenant ou se taise à jamais", des voix se sont élevées disant : "nous ne sommes pas d'accord!". Ces voix, que nos chers élus ont tendance à oublier, ce sont celles qui sont censées remplir les urnes pour les élections. Car je vous rappelle que nous sommes toujours en démocratie...d'après notre constitution. Finalement, après quelques rebondissements, l'union a été validée.

La petite histoire nous raconte que les maires respectifs de Quillan et Brenac sont mari et femme à la ville !

Dans un autre registre mais qui sommes toutes est du même acabit, le maire de Couiza a publié les bans du mariage entre sa communauté de commune et celle de Limoux afin, je cite : "que notre ruralité vivante avec ses spécificités soit entendue".

Vaste programme aurait dit le Général de Gaulle lorsqu'on sait tout l'inintérêt que porte Limoux à la Haute Vallée... De plus là aussi des dents grincent, celles des maires des petites communes qui vont certainement y laisser quelques plumes.

Donc je résume : 4 mariages :

1- Quillan / Saint Ferriol annulé car la mariée qui semblait pourtant si belle c'est rebellée démocratiquement.

2- Quillan / Brenac un mariage forcé.

3- Les maires de Quillan et Brenac qui sont unis à la ville déjà...

4- L'intercommunalité de Couiza /Limoux pour que vive la ruralité.

Je vous entends déjà me dire  : "Hé ! ma petite dame, dans le titre il est question d'un enterrement !".

L'enterrement ce n'est pas si compliqué que ça mes bon(ne)s ami(e)s . Il s'agit de celui de la démocratie. Le peuple vote, il s'exprime mais on refuse de lui laisser le choix ou la parole et on ne tient aucun compte de ce qu'il pense. Car en menaçant les élus locaux de tous bords de coupes budgétaires et d'économies à réaliser, nous sommes en train de perdre ce qui nous fait : notre identité. Dans un petit village de 30 personnes, si 4 d'entre elles ont des besoins réels on les écoute. Qu'en sera-t-il dans une commune de plus de 4000 hahibants? Idem pour une intercommunalité élargie à 30000 habitants. Pensez vous sérieusement que les aides et les subventions auront le temps d'arriver dans les coins les plus reculés de notre belle Haute Vallée de l'Aude?

Les bureaucrates parisiens ou bruxellois qui prennent, sans avis du peuple, de telles dispositions manquent de terrain. Ils ne savent pas que nous ne sommes pas dans la même configuration que dans leur capitale ou dans une grande ville. Ils ont oublié ce qu'est un village, une identité, des racines. Espérons toutefois que nous serons assez intelligent pour ne pas tout gober en bloc et faire face à une égalisation insipide.

Et si malheureusement nous ne faisons rien et que cela reste en l'état, il nous restera, pour nous rappeller de nos racines, notre bel accent si bien décrit par Miguel Zamacoïs.

L'accent ? Mais c'est un peu le pays qui vous suit !

C'est un peu, cet accent, invisible bagage,

Le parler de chez soi qu'on emporte en voyage !

C'est pour les malheureux à l'exil obligés,

Le patois qui déteint sur les mots étrangers !

Avoir l'accent enfin, c'est, chaque fois qu'on cause,

Parler de son pays en parlant d'autre chose !...

Non, je ne rougis pas de mon fidèle accent !

Je veux qu'il soit sonore et clair, retentissant ! 

 

Agathe.

Touchez ma bosse, Monseigneur

Le 25 novembre 2015, 20:21 dans Humeurs 0

J'aime les films de capes et d'épées.

Enfin! pas uniquement que ce genre mais "Le bossu" qui a été rediffusé dernièrement dans sa version téléfilm (titré bizarrement Lagardère) je ne m'en lasse pas.

D'abord, ça me permet d'avoir une pensée émue pour Tiki Olgado (qui joue Passepoil) que j'adore et que le crabe nous a, encore une fois, enlevé trop tôt .

Ensuite, ça me fait du bien par les temps qui courent de voir, même à la télé, des personnes qui ont un honneur, des valeurs et des vérités, et qui les défendent bec et ongles.

Lagardère, témoin et victime d'une machination qui ira jusqu'au bout afin de laver le nom de Nevers, son ami. Cocardasse et Passepoil qui seront être les soutiens sans faille de celui à qui ils ont tout appris.

Pourtant, il était difficile dans le contexte, de rester droit dans ses bottes et de dire les choses qui fâchent. Lagardère lui, après avoir occit plusieurs des assassins de Nevers, a pris le parti de se déguiser, de prendre donc un sobriquet et d'aller au plus près de celui qui avait tout fomenté. Tout éclate au grand jour mais que ce fut dur, diantre!

Remarquez, mes chères amies, que nous ne sommes pas en reste dans mon village côté scénario. Bis répétita comme dirait l'autre. Nous avons des capes, il paraîtrait même que certains rient dessous. Heureusement en ce qui concerne les épées, nous nous en tenons simplement à quelques passes d'armes littéraires:  un article de journal à la débotté, une lettre ouverte... Moi qui suis fan des films de capes et d'épées (je sais je l'ai déjà dis), je ne pouvait rester les bras en croix ou ballant devant ce spectacle, ce qui m'a amené à écrire le post du 9 novembre 2015 intitulé "je vous demande de vous arrêter".

Quelques dents grincent. Normal. Je dirais même... nécessaire. Cela pourra rappeler aux différents acteurs de ce triste duel que ce que nous remarquons de l'extérieur de la bulle municipale, nous autres pauvres administrés électeurs,  est amené à être commenté, applaudi ou hué voire, lorsque c'est trop grave, dénoncé.

Une action a été menée, ce fut, permettez moi ce trait d'esprit, un coup de fleuret dans l'eau. Cela me semble à l'heure actuelle tellement dérisoire comparé aux évènements tragiques qui secouent notre pays. Et lorsque je regarde dans la sphère immédiate d'Espéraza (Quillan, Brenac, Couiza...), force est de constater que nous ne sommes pas à plaindre, bien au contraire. 

Etre vigilant, c'est très bien. Mais alors, pourquoi pas lors du précédent mandat où, là, il y avait matière à "vigiler"?

La colère et la déception ne sont que mauvaises conseillères. Lagardère, lui, c'est laissé porté par un sentiment de justice face à des faits bien établis.

Ne soyez pas amer, mes chers, errare humanum est, mais rappelez vous que perseverare diabolicum. 

Pour conclure, et rester dans les films de capes et d'épées d'un genre plus futuriste (il y a des capes et les sabres sont en laser), n'oubliez pas que celui que vous peignez bien en noir mais qui est du bon côté de la force peut encore vous dire: 

- " Je suis ton maire!"

Agathe.

 

 

37°2 le matin

Le 23 novembre 2015, 19:34 dans Humeurs 2

Cousin Paul est grand-père! Quel bonheur!

Il m'a téléphoné de la maternité ou sa fille ainée, ma petite cousine donc, venait d'accoucher avec ses mots bien à lui:

- "Agathe, c'est une quéquette!" (entendez par là qu'il est papi d'un petit garçon).

Lorsqu'il a regagné ses pénates, je me suis empressée d'aller rendre visite au tout nouveau "papet", nous avons visionné les photos, émus tous deux de cette nouvelle vie qui finalement est un peu la continuité de la nôtre... enfin surtout de la sienne, je ne suis que la cousine après tout.  Puis nous nous sommes rendus chez tante Aline chez qui nous allons déjeuner une fois par semaine avec, bien évidemment, les photos du pitchoun.

Pendant que je m'affairais aux fourneaux (salade du jardin aux noix et fêta, gratin dauphinois, filet mignon au miel, crème brulée maison), cousin Paul discutait avec notre tantine tout en regardant les clichés du nouveau né. Paul nous avait apporté du vin de noix de son acabit pour l'apéro : parfait.

 Et tout en dégustant ce nectar, il nous a raconté sa rencontre avec le pitchoun. Il arrive à la maternité, trouve la chambre, "tocque" et, après avoir embrassé les parents, s'approche du berceau.

- "Tu ne le prends pas!" lui lance sa fille, toutes griffes dehors.

- "Hola! tout doux, qu'est-ce que tu me joues là? " répond Paul. 

- "Nous avons décidé que seulement le père et la mère peuvent le prendre au bras".   

- "Tiens donc?"       

- "Oui, il a trop souffert durant l'accouchement". (en fait, il pas marqué du tout ce petit mais bon si s mère le dit...)

Bref, Paul c'est abstenu. Le pitchoun était couvert comme pas deux et devenait rouge comme une pivoine.

- "Il a chaud ce petit" dit Paul

- "Non, il ne faut pas qu'il prenne froid après ce qu'il a subi" (répétition pour mieux accentuer!)

Le gamin braillant de plus en plus, son paternel décide de voir si la couche ne demandait pas à être changée. Voilà le gamin cul nu qui ce calme donc un peu et son père dit affolé (il n'y avait rien dans la pampers)

- "Je vais lui prendre la température".

Celle-ci étant normale, il le ré-habille toujours aussi chaudement. Le mouflet s'égosille de rechef. Sa mère appelle en catastrophe la sage femme... qui en entrant dans la chambre dit simplement;

- "bouh! mais il fait trop chaud ici ce petit est en train de cuire."

Cousin Paul c'est contenu, mais a crié un grand YES en son fort intérieur. Faut dire que sa fille fait partie de cette nouvelle génération de jeunes parents vieux (qui ont eu leur 1er après 35 ans) et qui croient, internet en poche, savoir tout mieux que tout le monde. Ha! il est loin le temps de notre Laurence Pernoud nationale...

Sur ces entre-faits, Paul a pris congé et est revenu voir son petit fils le lendemain. Le gamin lui a été finalement "prêté". Emotion légitime du grand-père. Le pitchoun commençant à chouiner un peu, Paul c'est mis automatiquement à chantonner, un vieux réflexe du papa qu'il fut et qu'il est. Le gamin c'est calmé illico. Les parents étaient pour le moins ébahis, on ne leur avait rien dit à ce sujet sur "jesaistoutd'ungaminpédia.com". Cousin Paul le redonne à sa maman. Il pleure. (pas cousin Paul, le pitchoun, suivez un peu quoi!)

- "En fait il a faim, tu n'as pas eu la montée de lait et il commence à s'apercevoir ce qu'est la sensation de ventre vide" tente Paul.

Son père :

- "Je vais lui prendre la température..."

Re sage femme, re confirmation de l'analyse de Paul re YYYESSS! intérieur.

Tante Aline et moi riions aux larmes durant la narration de cousin Paul. Tante Aline nous livre un : 

- "à ce rythme il va avoir le cul comme un champ de fraise avant son premier anniversaire ce petit"                                        

Re crise de rires. Elle est chouette notre tantine, moi, je l'adore.

- "Mais bon avec mon Parkinson, ce sera toujours moi qui le bercerais le mieux, internet ou pas".

Allez va, à table ça va refroidir!

Agathe

 

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