Je voulais écrire un billet sur les journalistes, particulièrement les télévisés, qui utilisent à tour de bras le mot présumé.

Ce mot me semble galvaudé.

On nous raconte des faits divers du style : "le cambrioleur s'est fait pincer par les forces de l'ordre, l'arme à la main encore fumante après avoir tué l'honnête citoyen qu'il était en train de voler et qu'il venait de tuer, ainsi que tenant un sac contenant les cartes bleues et les objets de valeurs de la victime. Le présumé coupable sera incarcéré ..."

Moi, ça m'énerve. Ce type il a tué et cambriolé oui ou non ?

C'est en effectuant quelques recherches que j'ai compris. Tout d'abord, il y a l'article 9 de la déclaration des droits de l'homme : " Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi."

Donc, dans mon exemple cité plus haut, le gars est présumé coupable tant qu'il n'a pas été jugé et condamné, cela vaut jusqu'à la cour de cassation, c'est-à-dire que tant qu'il ne sera pas passé devant celle-ci, il sera "présumé". Logique.

Après tout, il se peut que ce soit un gars,  le coeur sur la main, qui voulait aider le pauvre petit monsieur à ranger ses effets de valeurs et ses cartes bleues dans un sac de sport (c'est plus facile à transporter). Quant à l'arme à feu, elle ne lui a servi simplement qu'à dézinguer un frelon asiatique qui allait attaquer la victime, allergique aux piqûres d'insectes. Le malheureux, ému par tant de sollicitudes, c'est précipité dans les bras du présumé pour le remercier et un deuxième coup est parti tout seul. Concours de circonstances donc.

Enfin bref ! Je veux bien admettre qu'il faille passer par de telles considérations pour préserver chacun et chacune des erreurs judiciaires toujours possible. 

Tiens, en parlant de présumé, j'entends beaucoup ce terme concernant les politiques qui veulent nous gouverner pour les cinq ans à venir. 

Il y en a un qui aurait détourné 500 000€ pour un emploi présumé fictif de son épouse, plus 85 000€ pour ses enfants présumé stagiaires, un autre qui aurait détourné de l'argent de Bercy alors qu'il était ministre des finances pour financer une partie de sa campagne, une autre qui aurait utilisé l'argent de Bruxelle afin de payer son chauffeur et son garde du corps (300 000€ seulement)...

Tous ces braves gens, ne nous demandent-ils pas, dans leurs programmes de campagne, de faire un effort en ajoutant un trou à nos ceintures pour la serrer encore un peu plus (perso en entendant ça j'en porte plus,  j'ai opté pour des bretelles) ?

Comme je relisais la déclaration des droits de l'homme, je me suis aussi arrêtée sur l'article 15 : " La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration."

Il faudrait certainement rappeler à ces Macron, Fillon, Mélenchon et Marion (c'est pour la rime parce que sa tante finie en "ine") pourquoi ils sont à cette place, quel est le but de la "fonction suprême".

J'en discutais avec tante Aline l'autre jour. Elle me fit remarquer que pratiquement tous les candidats finissent par "ON".

"- et tu sais ce qu'on dit : on est un con." conclue-t-elle.

- c'est vrai tati, mais ils vont quand même s'occuper de nous... enfin, je présume !"

Agathe